Menu
Libération
Analyse

«Les Frères», réprimés mais jamais écrasés

Réservé aux abonnés

Le mouvement islamiste reste la première force d’opposition et participe prudemment aux mobilisations.

Publié le 29/01/2011 à 0h00

Les Frères musulmans ont annoncé leur participation aux manifestations contre le régime de Moubarak mais n’ont pas jeté toutes leurs forces dans la bataille. Une stratégie qui rappelle celle des élections auxquelles ils participent sans s’impliquer totalement. Malgré la répression, ils demeurent la première force d’opposition en Egypte, même s’ils sont officiellement interdits.

Aide sociale. Officiellement bannis de la sphère politique, et faisant périodiquement l'objet d'arrestations, les Frères musulmans sont, dans les faits, tolérés. Ils disposent d'influents réseaux d'aide sociale dans tout le pays, notamment à travers les mosquées où ils soignent, éduquent. Ils sont aussi très présents dans les universités et parmi les syndicats. Alors que les Frères disposaient de 88 sièges dans l'Assemblée sortante, après une percée lors des législatives de 2005, ils avaient décidé de boycotter le deuxième tour des élections de décembre en découvrant que le régime voulait à tout prix limiter leur présence au Parlement. La confrérie, qui présentait ses candidats comme «indépendants», n'avait eu aucun élu au premier tour, le 28 novembre, et ne se trouvait en ballottage que pour 26 sièges. Le pouvoir n'avait pas caché sa volonté d'affaiblir leur représentation avant la présidentielle de 2011.

Les Frères sont mouvement le plus ancien de l'islamisme sunnite. Il a été fondé en Egypte en 1928 par Hassan al-Banna, et sa doctrine s'organise autour du dogme du tawhid («u

Dans la même rubrique