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Mohamed el-Baradei, l’opposant trop distant

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Revenu tardivement en Egypte, le prix Nobel de la paix, figure emblématique de la contestation du régime, peine à mobiliser les foules.

Mohamed El Baradei, à Bruxelles, en 2008. (REUTERS)
Publié le 29/01/2011 à 0h00

Pour un opposant voulant prendre la tête d'un éventuel gouvernement de transition, il est venu bien tard. Mohamed el-Baradei n'est arrivé que jeudi soir tard au Caire alors que l'Egypte vivait déjà depuis plusieurs jours au rythme des manifestations. D'ailleurs, il y avait peu de monde pour accueillir à l'aéroport celui qui fait figure d'opposant numéro 1. Son retour tardif a déçu nombre de ses partisans. «C'est un moment critique dans l'histoire de l'Egypte et je suis venu pour y participer avec le peuple égyptien. Je suis ici pour continuer à organiser le processus du changement de manière pacifique. J'espère que le régime va faire de même et cesser d'utiliser la violence, d'emprisonner les gens et de les torturer», avait-il alors déclaré.

Diplomate. En réalité, l'ancien directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), et à ce titre consacré par le prix Nobel de la paix en 2005, est un homme assez seul. Les intellectuels et les petits mouvements d'opposition, regroupés dans l'Association nationale pour le changement, qui se réclament de lui, ne font guère illusion. Paradoxe : ce sont peu ou prou les mêmes, blogueurs, fanas d'Internet et de nouveaux médias, qui ont organisé le Mouvement du 6 avril qui, à la suite de la révolte tunisienne, a fait descendre dans les artères du Caire des milliers d'Egyptiens mobilisés sur Facebook. Mais ce succès n'en a pas rendu El-Baradei populaire pour autant. La greffe de ce diplomate discret de 6

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