Les adorateurs de la «sainte mort» prétendent être la cible d’une persécution religieuse. Le leader du culte de la «Santa Muerte», un mouvement très en vogue depuis quelques années au Mexique et considéré comme satanique par l’Eglise catholique, a été arrêté le 4 janvier, accusé d’appartenir à une bande de kidnappeurs. David Romo, évêque autoproclamé de l’Eglise de la sainte mort, aurait participé à l’enlèvement d’un couple de personnes âgées, utilisant son compte bancaire pour toucher la rançon du rapt.
Les fidèles se sont toujours enorgueillis d’appartenir à un mouvement considéré comme transgressif, marginal, agitant l’étiquette «hors-la-loi» comme ils brandissent, lors de leurs processions, les petites statues en forme de squelette de leur idole, vêtue comme l’alter ego macabre de la Vierge Marie. Le culte, qui a connu un grand essor dans les prisons, s’est bâti une réputation auprès des narcos, qui vénèrent la faucheuse pour conjurer leur propre mort. En 2005, sous la pression de la hiérarchie catholique, le rite de la Santa Muerte s’est vu refuser par le gouvernement fédéral l’inscription au registre des associations religieuses. Mais depuis lors, le nombre d’adeptes de cette Vierge funeste n’a cessé de croître. Rien qu’à Mexico, disséminés dans les rues, il y aurait 1 500 autels où s’érigent ces petits squelettes de plâtre ou de caoutchouc, parés de voiles et de frous-frous. En plein centre de la capitale, le quartier de Tepito, réputé pour son caractère insoumis et se




