Après Internet, Al-Jezira. Dans leurs tentatives de casser la mobilisation, les autorités égyptiennes ont pris une nouvelle mesure sans précédent. Après avoir coupé le Web dans tout le pays depuis vendredi, elles ont décrété hier matin l'interdiction de la chaîne panarabe d'information en continu. Une première, car non seulement le bureau d'Al-Jezira dans la capitale égyptienne a été fermé et ses journalistes se sont vu retirer leur accréditation, mais l'autorisation d'émettre a également été révoquée et le signal de la chaîne coupé sur le satellite Nilesat, qui appartient au Caire. La direction de la chaîne, basée au Qatar, a dénoncé cette décision visant à «censurer et à faire taire le peuple égyptien».
Tout comme la coupure d’Internet, cette stratégie - casser le thermomètre pour faire baisser la fièvre - risque de ne pas avoir beaucoup d’effet, voire d’aller à l’encontre du but recherché. Moins d’une heure après l’interdiction, les coordonnées d’un satellite de rechange pour capter la chaîne la plus regardée du monde arabe circulaient déjà.
Depuis le début des manifestations en Tunisie, Al-Jezira est en pointe de la couverture de la révolution en cours dans le monde arabe. Quelques jours seulement après le début des troubles à Sidi Bouzid, consécutifs à l’immolation, le 17 décembre, du jeune Mohamed Bouazizi, et face à l’impossibilité de travailler sur place à cause des restrictions posées par Tunis, la chaîne repique sur Facebook les vidéos d’affrontements postée




