Le rideau est fermé, obstinément. Mais ceux qui connaissent Abou Tarek savent qu'il faut taper au bâtiment voisin pour trouver l'épicier, et tenter de faire ses courses. Sur l'avenue Kasr el-Eini, qui mène à la place Tahrir, les magasins n'ont pas ouvert leurs portes depuis vendredi. Et l'appel à la grève générale lancé par l'opposition n'y est pour rien : au Caire, comme dans toutes les villes égyptiennes, la population s'inquiète, et se prépare. Certains produits deviennent difficiles à trouver : le pain, et dans une moindre mesure la farine. Certains ont commencé à stocker. «On en a vu d'autres pendant la guerre», sourit Mona Mokhtar, dont le mari est allé ce matin refaire le plein. En 1973, raconte-t-elle, lors de la guerre du Kippour, la population avait razzié les commerces. Aujourd'hui, c'est loin d'être le cas. Mais le prix des produits frais a augmenté, doublé pour les tomates, par exemple, en raison des barrages filtrants qui ralentissent l'approvisionnement en fruits et légumes de la capitale.
Livraison. Les grandes villes sont équipées en réseau d'eau potable, et dans les villages, les citernes sont encore pleines. A Zamalek, Pacynthe Sabry a insisté, ces derniers jours, pour garder sa pharmacie ouverte. Dans ce quartier huppé, préservé sur son île au milieu du Nil, la plupart ont préféré fermer leurs portes. Avec la disparition de la police, les commerçants ont craint pour leur sécurité, redoutant de devenir une cible de choix pour les b




