Mais où sont passés les défenseurs des droits de l'homme ? Que pensent-ils, ces intellectuels qui, au nom de la démocratisation du monde arabe, avaient refusé de condamner l'intervention américaine en Irak ? Nés du combat contre le totalitarisme soviétique, ces «néoconservateurs à la française» n'ont cessé de dénoncer l'islamisme ces dernières années, toujours au nom de la démocratie. Or, aujourd'hui, ils sont silencieux. Pas un qui n'ait appelé à soutenir les démocrates tunisiens et égyptiens comme ils le firent pour la Géorgie ou l'Ukraine. Pour Libération, le philosophe Alain Finkielkraut (1) explique les raisons de cette prudence.
Généralement prompts à soutenir les démocrates partout dans le monde, les intellectuels français restent silencieux devant les soulèvements des peuples tunisien et égyptien. Pourquoi ?
Je suis fasciné, mais prudent. Il y a un précédent : en 1979, en Iran, un dictateur a été chassé du pouvoir. Cela a donné la révolution islamique, dont tout le monde ou presque s’accorde à dire qu’elle est au moins aussi terrible et peut-être pire que le régime du chah par un irrésistible mouvement populaire. A l’époque, on a beaucoup reproché à Michel Foucault son enthousiasme trop hâtif. Raison de plus, aujourd’hui, pour ne pas se précipiter. Bien sûr, il y a quelque chose de merveilleux à voir un peuple se révolter contre un pouvoir autocratique et prédateur. Mais nous savons aussi que, pendant ce temps, les coptes sont en très mauvaise posture et que cela n’est pas le fait de Moubarak, mais d’une partie du peuple. Si les Frères musulmans devaient prendre le pouvoir, leur situation se détériorerait encore et le traité de paix avec Is




