La transition doit «commencer maintenant», a exhorté mardi soir Barack Obama, dans un coup de fil à Hosni Moubarak. Le président américain a ainsi accru sa pression, mais sans demander encore ouvertement à son homologue égyptien de quitter immédiatement le pouvoir. Hier, alors que les forces pro-Moubarak attaquaient les manifestants, la Maison Blanche a appelé à la «retenue». Décryptage avec Robert Malley, de l'International Crisis Group, ancien conseiller de la présidence Clinton.
Tout en laissant tomber Hosni Moubarak, l’administration Obama ne tente-t-elle pas de sauver le régime ?
L’administration américaine fait du rattrapage depuis le premier jour de cette crise. En dépit de ses tentatives de coller aux événements, elle a toujours eu un ou deux pas de retard. Cela dit, je ne crois pas qu’elle ait un plan de sauvetage du régime. Depuis ce week-end, elle a compris que l’ère Moubarak est terminée - mais au-delà de ce constat, et du souhait d’une transition paisible, je doute fort qu’elle ait à l’esprit un plan précis.
Quelle sorte de transition souhaite l’administration américaine ?
Il y a bien sûr des scénarios que Washington veut à tout prix éviter, notamment celui de l’avènement d’un régime islamiste ou foncièrement hostile aux Etats-Unis. Mais il reste un éventail assez large de scénarios possibles. Bien sûr, l’administration fait usage de ses contacts avec le régime, l’armée et l’opposition. Mais je crois surtout que l’




