Divisée, tiraillée, épuisée, l’Egypte peine à inventer le dernier acte de sa révolution. Le sort de Moubarak ne fait plus guère de doute, mais qui prendra le dessus dans ce tumulte où un mauvais coup semble encore possible ? Dans la chaleur d’une histoire incertaine qui s’emballe, des voix s’insurgent déjà à Paris, Washington ou Tel-Aviv. A les entendre, un spectre hante le monde arabe, l’islamisme. Tapis dans l’ombre, les partis extrémistes musulmans attendraient de rafler la mise pour jeter leur dévolu sur des pays déboussolés et incapables d’un autre destin que despotique. Ose-t-on protester contre ces mauvais augures que l’on se voit opposer, sur le champ, une jurisprudence définitive, le fameux cas iranien vieux de trente ans, ou comment une révolution aussi populaire que musulmane s’achevait dans la folie du tout religieux. Plus que faire preuve de paresse intellectuelle et refuser de voir que les islamistes n’ont pas initié les soulèvements de Tunis ou du Caire, c’est méconnaître les réalités contradictoires des sociétés arabes : plus urbanisées, plus éduquées, bien plus féminisées, plus vivantes et ouvertes sur le monde qu’on ne le croit. C’est aussi oublier que les peuples de la région ont une mémoire collective et que l’exemple iranien n’est plus brandi comme un modèle. Oui, les islamistes existent, tout comme certaines tentations régressives, au Caire bien plus qu’à Tunis. Mais seule la démocratisation permet l’affirmation de nouvelles forces, et in fine, la laïci
EDITORIAL
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Publié le 03/02/2011 à 0h00, mis à jour le 03/02/2011 à 7h27
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