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Libération

La présidence studieuse de Dilma Rousseff

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ParChantal Rayes
SAO PAULO, de notre correspondante
Publié le 04/02/2011 à 0h00

Pour les Brésiliens, c'est un dépaysement. De Lula à Dilma Rousseff, le changement de style est radical. Pendant huit ans, l'ex-président du Brésil a abreuvé son peuple d'un one-man-show médiatique quasi quotidien. La nouvelle présidente a toujours été une femme de l'ombre, même dans la guérilla, dont elle fut l'une des têtes pensantes sous la dictature militaire (1964-1985). Depuis son arrivée au palais du Planalto, le 1er janvier, «Dilma» a limité ses apparitions publiques au strict nécessaire, préférant s'enfermer dans son cabinet, où elle reçoit longuement ses ministres et dont elle ne sort même pas pour déjeuner. A ce stade, Lula avait déjà prononcé au moins sept discours, emmené ses ministres dans les favelas («pour leur montrer la misère de près») et avait voyagé dans quatre pays…

Pourtant, le style Dilma fait merveille. Le magazine Veja salue «une façon plus impersonnelle, collégiale et disciplinée de gouverner». Même l'opposition semble séduite par cette présidente qui «parle peu, travaille beaucoup»et dévore Proust à ses heures creuses. Des éloges qui sonnent comme autant de critiques au très populaire ex-président. Ce dernier avait par exemple attendu une semaine avant d'aller dans les régions frappées par des inondations en 2008. Dilma, elle, s'est rendue très vite dans l'Etat de Rio, où les intempéries ont fait plus de 800 morts à la mi-janvier.

Dénuée du charisme de son prédécesseur, sa dauphine veut donner l'image d

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