Partira, partira pas ? Le dénouement du soulèvement égyptien, débuté il y a dix jours, est suspendu au sort d'un seul homme. Ou plutôt d'un homme seul. A 82 ans, Hosni Moubarak traverse la plus grave épreuve de sa carrière de militaire et d'homme d'Etat. Vendredi, plusieurs centaines de milliers de personnes se sont encore rassemblées dans toute l'Egypte pour demander son départ. Même si la mobilisation de ce vendredi, baptisée «jour du départ», n'a pas autant rassemblé que la manifestation géante de mardi, la pression populaire reste forte sur le raïs égyptien, que Washington presse aussi de quitter le pouvoir «maintenant» (lire page 6). S'il est évident que Hosni Moubarak est très affaibli, il reste difficile de savoir quelles sont ses intentions. Taciturne, sans états d'âme, le raïs déteste agir sous la pression des événements et a une aversion pour le changement. Il préfère la stabilité, voire l'immobilisme, quitte à laisser les problèmes grossir. Stratégie payante pendant vingt-neuf ans. Jusqu'à l'explosion actuelle.
Corde sensible. Cette lenteur explique les erreurs de communication de Hosni Moubarak, qui, tout comme Zine el-Abidine Ben Ali, est en retard sur les événements. Là s'arrête la comparaison, car son pouvoir repose sur une base beaucoup plus solide et large que son homologue tunisien. Sans compter l'armée, qui est un pilier du régime égyptien et que Moubarak a placé en première ligne dans la gestion de la crise. Ces derniers jours, il




