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Obama, le mauvais tempo

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Ménageant un camp puis l’autre, la Maison Blanche semble naviguer à vue.

Barack Obama fait une déclaration à la Maison Blanche sur la situation en Egypte, le 1er février 2011. (© AFP Tim Sloan)
ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 05/02/2011 à 0h00, mis à jour le 06/02/2011 à 10h18

En deux semaines de crise égyptienne, l'administration Obama a réussi à irriter toutes les forces en présence, et tous ses alliés. Les manifestants de la place Tahrir ont, les premiers, dénoncé «l'hypocrisie» de Washington qui tardait à les soutenir. Puis, Hosni Moubarak a fait savoir qu'il n'avait pas du tout apprécié le coup de fil de Barack Obama mardi soir, lui demandant d'engager «maintenant» la transition. Israël s'inquiète de voir les Américains «jeter aux chiens» leur allié. Et dernièrement, les dirigeants saoudiens, comme ceux d'autres régimes autoritaires de la région, s'indignent que les Etats-Unis «humilient» le raïs…

Contretemps. Depuis le début de cette crise, l'administration Obama semble jouer toujours à contretemps : elle a tardé à soutenir les manifestants égyptiens qui aspiraient à la démocratie, assurant d'abord que le régime Moubarak était «stable». Puis elle a appelé, de plus en plus ouvertement, au départ de Moubarak… au moment où le régime tentait de reprendre la main. «Il aurait certainement été utile que le message américain soit plus puissant, au début des événements, note Michael Wahid Hanna, chercheur à la Century Foundation. Même s'il est vrai aussi que les Américains ne peuvent contrôler les événements. Si Moubarak s'obstine, ils ne peuvent pas faire grand-chose.»

Tout en assurant qu'ils ne «décident de rien» en Egypte, les Etats-Unis continuent bien sûr à s'

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