Faut-il lui décerner un prix Nobel de la Paix ou l’enfermer à Guantanamo pour «terrorisme»? Aux Etats-Unis, WikiLeaks et son sulfureux leader Julian Assange continuent de susciter des passions extrêmes, bien que rien n’ait pu être retenu contre lui. Assange est à l’origine de la plus grande fuite de documents confidentiels américains de tous les temps. En juillet, WikiLeaks a publié 91 000 rapports militaires sur la guerre d’Afghanistan, en octobre le site a fait de même avec près de 392 000 rapports sur la guerre d’Irak et depuis fin novembre, il pioche dans une réserve de 250 000 télégrammes diplomatiques, publiés par lots, au gré de l’actualité internationale.
Julian Assange a déjà fait tomber Ben Ali, ou du moins contribué à la chute du président tunisien : les télégrammes en provenance de l'ambassade américaine à Tunis décrivaient son régime comme «corrompu», avec Ben Ali au centre d'une «quasi-mafia». Ces télégrammes ont largement circulé en Tunisie et «alimenté» la révolte de la rue, soulignait récemment Bill Keller, le rédacteur en chef du New York Times, qui avec d'autres journaux a aidé à analyser et diffuser les documents fournis par Assange. Grâce à WikiLeaks, on sait aussi que Omar Souleiman, le nouvel homme fort soutenu par Washington pour diriger la «transition» en Egypte, était depuis un certain temps considéré par Israël comme un successeur idéal de Moubarak. Les télégrammes diplomatiques américains décrivaient Souleiman c




