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Libération

Un pirate anarchiste et idéaliste

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Viré par Assange, Daniel Domscheit-Berg lance la plate-forme OpenLeaks.

Publié le 10/02/2011 à 0h00

Malgré toutes leurs différences, l'Allemand Daniel Domscheit-Berg est porteur du même paradoxe que l'Australien Julian Assange. Tous deux défendent la publication illégale de données secrètes et luttent pour «l'ouverture et la transparence des systèmes fermés». Mais tous deux maintiennent un écran de fumée sur leur parcours et leurs motivations profondes. Ce qui n'a rien d'étonnant quand on est, comme Daniel Domscheit-Berg, spécialiste de la sécurité des réseaux informatiques et cryptographe patenté. Son mariage, l'été dernier, avec Anke Domscheit, n'a pas contribué à clarifier les pistes. Cette charmante enfant de la RDA, sympathisante des mouvements citoyens qui ont fait tomber le Mur de Berlin, a certes été récompensée pour son action en faveur des femmes au travail. Mais elle est aussi connue pour ses activités de lobbysme en faveur d'une «administration transparente» auprès du gouvernement allemand. Cela pour le compte de Microsoft Allemagne, société dont WikiLeaks a justement publié un manuel interne qui prêche la coopération avec les polices du monde entier !

Chaos. Jusqu'en septembre dernier, Daniel Domscheit-Berg s'est dissimulé sous le pseudonyme de Daniel Schmitt. Pendant près de trois ans, cet échalas de 32 ans, généralement drapé de noir et paré d'une barbe de trois jours, a été présenté comme le porte-parole de WikiLeaks. En fait, c'est grâce à lui que la plate-forme technique de l'organisation a pu fonctionner et défendre ses

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