La nomination dimanche à la tête de l’armée israélienne du général Benny Gantz restera associée dans l’esprit des Israéliens à une photographie prise du ciel. Celle d’une imposante demeure, avec patio intérieur et arcades mauresques, qui s’est étalée à la une de la presse ces dernières semaines. Propriétaire : un autre général, Yoav Galant, initialement nommé par le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, à la tête des forces armées.
Sa promotion a été annulée in extremis par une commission d’éthique après plusieurs semaines de suspense. Galant a été accusé de s’être approprié illégalement des terrains autour de sa villa. Des accusations qu’il a niées jusqu’au bout. Usurpation de terre, luxe ostentatoire, mensonges pour tenter de se blanchir : l’affaire Galant a discrédité Tsahal, jusqu’à présent épargnée par le manque de confiance des Israéliens dans leurs dirigeants politiques.
Dans un pays où l'armée reste un pilier de la société, le chef d'état-major est doté d'une autorité morale. Le public attend de lui qu'il donne l'exemple, y compris dans la conduite de ses affaires privées. Comme le soulignait récemment le spécialiste militaire d'Haaretz, Amos Harel, «la distinction entre généraux et politiciens est en train de devenir floue, car les deux groupes sont devenus aussi suspects l'un que l'autre aux yeux du public».
Le ministre de la Défense a fait l'objet de nombreuses critiques pour la confusion dans laquelle s'est déroulée la nomination du nouveau




