«Je n'appelle pas, car je ne veux pas le déranger.» Alors que le pouvoir libyen avait déjà engagé une répression féroce contre les manifestants, Silvio Berlusconi ne souhaitait pas, samedi, embarrasser son ami Muammar al-Kadhafi par un coup de fil. Ce n'est que lundi soir, devant l'aggravation de la situation et la pression des chancelleries européennes très critiques à l'égard de l'attitude accommodante de Rome envers Tripoli, que le président du Conseil italien a enfin fait part de sa préoccupation «pour l'usage inacceptable de la violence sur les populations civiles».
«Sympathie». Promoteur de la «diplomatie des sentiments», Berlusconi avait jusqu'à présent placé Kadhafi parmi ses amis étrangers préférés. «C'est à travers la sympathie personnelle que l'on atteint de grands objectifs», a toujours répété Berlusconi, qui, cet été, a encore donné un témoignage d'affection à l'égard du leader libyen en le recevant à Rome avec tous les honneurs, en compagnie de trente cavaliers et de ses «amazones». Les soirées érotiques, dites «bounga-bounga», auraient d'ailleurs été inspirées au Cavaliere par son complice Kadhafi.
Mais c'est surtout sur les plans politique et économique que leur entente s'est fondée. Alors que la gauche italienne avait déjà effectué un rapprochement avec Tripoli, Berlusconi a accéléré en 2008. A cette date, le président du Conseil présente, au nom de l'Italie, «ses excuses pour les massacres et l




