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Kadhafi promet de «purger la Libye»

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Dans un discours fleuve et parfois délirant, le leader libyen a lancé un quasi-appel à la guerre civile pour mater ses opposants. Dans l’est du pays, l’armée semble s’être ralliée aux manifestants.

Une capture d'écran du colonel Kadhafi s'adressant à la télévision libyenne le 22 février 2011. (AFP)
Publié le 23/02/2011 à 0h00

«Muammar al-Kadhafi n'a pas de poste officiel pour qu'il en démissionne. Muammar al-Kadhafi est le chef de la révolution, synonyme de sacrifices jusqu'à la fin des jours.» Et Muammar al-Kadhafi, dont il est clairement acquis qu'il se trouve bien en Libye et non pas à l'étranger, est prêt «à mourir ici en martyr» : «Si j'avais été président, j'aurais démissionné, mais j'ai mon fusil et je me battrai jusqu'à la dernière goutte de sang.» Le despote parle de lui à la troisième personne du singulier. Un travers qu'il partage avec de nombreux autres dictateurs. Kadhafi appelle de ses vœux une apothéose sanglante : les rebelles «doivent remettre immédiatement leurs armes qui ont effrayé les gens, libérer les prisonniers, et les fauteurs de troubles doivent être arrêtés. Si cela ne se réalise pas, ou si nous constatons que notre unité est menacée par des forces anti-démocratiques qui déforment l'islam comme Al-Qaeda, nous proclamerons la marche sainte». Quand il brandit la menace d'une riposte «similaire à Tiananmen», la célèbre place de Pékin où la contestation étudiante fut écrasée en juin 1989 par les chars du régime communiste, on ne peut penser qu'au «Vive la guerre» lancé par les sbires d'Ubu roi. Lui se croit encore aimé de ses masse : «Dès demain, sortez de chez vous, vous qui aimez Muammar al-Kadhafi, qui êtes soucieux de la fierté de la Libye. Sortez de chez vous, attaquez les rebelles dans leurs repaires. Faites entendre da

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