Un nouveau drapeau, copie de celui qui existait avant le régime de Kadhafi, flotte sur l'est de la Libye. Trois couleurs : rouge, noir et vert. Barrées parfois du mot «indépendance». On peut le voir dès le poste frontière, qui fait face à la ville égyptienne de Saaloun, submergée par des flots de réfugiés égyptiens, qui hurlent de joie en quittant le sol libyen, délivrés enfin du cauchemar des jours précédents. Pas de visas pour ceux qui entrent en Libye. Sur la frontière, l'ambiance est électrique. Tout un petit peuple en armes, plutôt jeunes ou très jeunes, passablement énervés, gesticulant beaucoup, coiffés de tous les couvre-chefs, du chapeau de brousse à la casquette d'officier ramassée Dieu sait où, crient «Révolution, révolution». Ils sont ravis de l'arrivée des premiers journalistes sur le sol libyen et ne cachent pas leur joie : «On vous attendait depuis si longtemps.»
Miliciens. La ville toute proche Emsaad montre quelques signes de combats. Une statue représentant le Livre vert du colonel Kadhafi gît sur le sol, pulvérisée. Là encore, la présence des insurgés armés, dont souvent le visage est masqué, est nombreuse. Ils maillent la route qui conduit à Tobrouk. Mais ce ne sont pas des barrages pour contrôler les véhicules mais plutôt l'indication d'une présence sécuritaire. Automobilistes et miliciens échangent le «V» de la victoire en souriant. Au loin, on aperçoit une épaisse fumée noire, celle d'un camp militair




