«Les détenus ont le choix entre six menus différents : normal, végétarien, poisson, enrichi en fibres, facile à mâcher ou méditerranéen, que nous avons récemment introduit.» Le commandant John Rhodes, tout sourire sous son képi, a l'air très convaincu de la qualité des soins réservés à ses pensionnaires. Chargé de faire visiter les camps 5 et 6 de Guantánamo à un groupe de journalistes récemment invités sur la base américaine de Cuba, il plaisante : «Ma seule expérience précédente en matière de réclusion, c'était quand j'envoyais mes enfants dans leur chambre.»
La plupart des 172 prisonniers qui restent à Guantánamo sont regroupés dans ces deux camps adjacents. De derrière un grillage, sans rien voir, on les entend jouer au ballon. Et le commandant Rhodes continue de badiner : «Les détenus dociles sont autorisés à porter des pantalons courts, que ma femme appelle des "Capri". Ils les apprécient particulièrement pour jouer au foot.»
Cet endroit ne devrait plus exister. Deux jours après son installation à la Maison Blanche en janvier 2009, le président Barack Obama a signé un décret ordonnant la fermeture du camp de Guantánamo «aussi vite que possible et d'ici à janvier 2010». Plus d'un an après la date butoir, non seulement le camp n'a pas fermé mais le directeur de la CIA, Leon Panetta (nommé par Barack Obama en 2009), vient d'annoncer que deux nouveaux prisonniers, Oussama ben Laden et son bras droit Ayman al-Zawahiri, pourraient y être liv




