En paroles, Barack Obama a semblé aller plus loin que jamais : «Le colonel Kadhafi doit démissionner du pouvoir et partir», a lancé jeudi le président américain depuis la Maison Blanche. Obama franchit là un seuil qu'il avait obstinément refusé de passer lors des crises précédentes : même aux moments les plus critiques de la révolution égyptienne, son administration s'était toujours gardée d'appeler si ouvertement au départ de Hosni Moubarak. Avec Kadhafi, qui n'est pas un allié de trente ans de l'Amérique, les Etats-Unis n'ont pas besoin d'égards. «Nous examinons une gamme complète d'options, militaires et non militaires», a souligné Barack Obama jeudi.
L'idée maîtresse à Washington n'en reste pas moins qu'idéalement les Libyens devraient se débarrasser seuls de Muammar al-Kadhafi. Obama l'a rappelé jeudi en évoquant le fait que les Egyptiens ont, eux, été les «plein propriétaires» de leur révolution.Outre qu'elle a déjà hérité de deux longs conflits, en Irak et en Afghanistan dont elle peine à se sortir, l'administration Obama a une autre excellente raison de ne pas se précipiter en Libye : «La révolution doit se faire de l'intérieur, il ne faudrait surtout pas donner l'impression qu'elle est soutenue par les Etats-Unis», souligne-t-on à Washington.
«Les options militaires occidentales en Libye sont limitées, souligne aussi Christopher Boucek, analyste au Carnegie Endowment for International Peace. Et il ne faut pas seulement




