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Libération
Reportage

Abidjan balkanisé et l’arme au pied

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Répartis en zones pro et anti-Gbagbo, les habitants de la métropole ivoirienne se sont réorganisés.

ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Abidjan
Publié le 08/03/2011 à 0h00

A première vue, la ville est calme. Trop calme. «C'est trop mou, dit le chauffeur de taxi. Rien à voir avec la frénésie des temps passés.» Les seuls encombrements se situent à hauteur du Plateau, la ville administrative, près de la présidence où siège Laurent Gbagbo, le chef de l'Etat sortant qui, depuis trois mois, ne veut pas reconnaître sa défaite à la présidentielle et s'accroche au pouvoir. Les grands axes de circulation demeurent libres et ouverts. On y trouve encore des affiches de la campagne d'Alassane Dramane Ouattara - ADO pour ses partisans -, le vainqueur du scrutin reconnu par les Nations unies, aujourd'hui quasi captif de l'hôtel du Golf où le maintient son adversaire.

Carcasses. Mais cette apparence de normalité s'efface dès que l'on pénètre dans les quartiers populaires. Tous se hérissent de barrages, plus ou moins lâches, plus ou moins surveillés selon l'heure où l'on passe, et plus ou moins ouvragés. Les uns sont faits de plaques de béton, les autres de sacs de sable, les troisièmes, comme à Abobo, le quartier pro-Ouattara qui a déjà basculé dans la guerre civile, de carcasses de véhicules désossés et calcinés ou d'immenses tas d'immondices fumants.

«A Abobo, dit Abdoul Kérim, un jeune informaticien, il y a les pro-Gbagbo, les pro-Ouattara et les malfrats. Il n'y a plus d'eau, plus d'électricité, plus de police, plus de gendarmerie. Chacun fait ce qu'il veut. J'ai envoyé ma femme, ma fille et mes parents dans u

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