A Abidjan, où Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara se disputent toujours le fauteuil présidentiel, on redoutait ou on espérait, selon les camps, une attaque des ex-rebelles dans le centre du pays. Avec pour objectif principal la prise de Yamoussoukro, capitale politique et ville du «père de la nation», Félix Houphouët-Boigny. Mais c’est dans l’Ouest que les combats les plus durs ont éclaté ces derniers jours, donnant au conflit des allures de guerre civile.
Contre-attaque. Les combattants des Forces nouvelles (FN), qui se sont placés ouvertement sous la bannière de Ouattara depuis la présidentielle de novembre, se sont emparés dimanche de la ville de Toulépleu, frontalière du Liberia. Selon les témoignages recueillis par les agences, ils pourraient rapidement faire mouvement vers la localité de Bloléquin, où les forces loyales à Gbagbo se sont repliées et prépareraient une contre-attaque. Bloléquin n'est pas qu'un village reculé : ce bourg se trouve sur la route du grand port de l'Ouest ivoirien, San Pedro, une place stratégique pour le chargement du cacao, principale ressource du pays. Alassane Ouattara ayant appelé au blocus des exportations de fèves, pas moins de 475 345 tonnes, le tiers de la production annuelle, sont bloquées dans les ports, selon des chiffres donnés par l'organe de tutelle du cacao ivoirien.
A Toulépleu, la population est terrorisée. «La ville, contrôlée par les FN, s'est vidée après les combats, a témoigné hier un habitant, join




