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Libération

Barack Obama dégèle la machine Guantánamo

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ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 09/03/2011 à 0h00

A son arrivée à la Maison Blanche en 2009, Barack Obama appelait Guantánamo «un pétrin» et un centre de «recrutement de terroristes» qu'il allait rapidement «nettoyer» et «fermer». Deux ans plus tard, le même Obama ne parle plus de la fermeture du centre, mais plutôt d'y «amener les terroristes en justice» et «d'assurer le traitement humain des détenus». Le président américain a officialisé, lundi, le reniement d'une de ses grandes promesses de campagne : les tribunaux militaires de Guantánamo, qu'il dénonçait du temps de Bush, vont reprendre «très bientôt», a annoncé la Maison Blanche.

La détention illimitée de prisonniers est aussi entérinée par un nouveau décret présidentiel. Sur les 172 prisonniers toujours à Guantánamo, une quarantaine ne peuvent ni être jugés, faute de charges précises retenues contre eux, ni être libérés, du fait de leur dangerosité, a conclu l'administration Obama. Ils continueront donc d'être détenus, indéfiniment, mais un nouveau système de «révision périodique» de leur statut sera mis en place. Ces détenus auront droit à un «représentant» personnel et à un réexamen tous les six mois de leur dossier. Tous les trois ans, une «révision complète» de leur statut sera effectuée.

Pour les républicains, ce revirement est une forme de victoire posthume : il suggère que l'administration Bush n'avait pas eu totalement tort d'ouvrir le camp de détention. Ces décisions

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