Pendant que la guerre des sables continue de faire rage autour du verrou de Ras Lanouf - que les forces de Tripoli semblaient hier en passe de reprendre aux insurgés -, Kadhafi a connu une défaite aussi majeure que silencieuse. Cela s’est passé mardi, dans le port de Tobrouk, en petit comité, sans coup de feu ni caméra. Un tanker maltais a accosté à l’une des deux jetées de chargement, une structure arachnéenne posée sur des pilotis plantés dans les eaux turquoise de la Méditerranée. Quelques minutes plus tard, le drapeau des rebelles libyens était hissé : l’ancienne bannière royale, vert-noir-rouge, décorée du croissant et de l’étoile, à la place du drapeau vert choisi par Kadhafi. Elle a flotté tout le temps qu’a pris le chargement des 600 000 barils de brut (1) à destination de l’Italie. Puis le cargo a repris le large.
Pour la première fois, l’Arabian Gulf Oil Company (Agico) a vendu du pétrole libyen pour son propre compte et celui du Conseil national de transition, à Benghazi (est), deuxième ville du pays et siège de l’opposition anti-Kadhafi. L’Agico est le fleuron du pétrole libyen. Héritière de la British Petroleum, nationalisée par Kadhafi en 1971, la société publique, dont le siège est basé à Benghazi, a gardé une forte identité régionale. Son passage, au début des années 80, sous la tutelle de la National Oil Corporation (NOC), qui chapeaute tout le secteur pétrolier libyen depuis Tripoli, n’a jamais été accepté par les plus anciens de ses 6 000 employés.
Le 24 fév




