Un jeu vidéo peut-il entacher la réputation de Ciudad Juárez ou la réalité s'arrange-t-elle pour faire le sale boulot à elle toute seule ? La cité d'un million et demi d'habitants, nichée sur la frontière avec les Etats-Unis, a beau être la plus violente des villes mexicaines et exhiber un taux record d'homicides à l'échelle planétaire, elle se soucie de son image. La future sortie de Call of Juarez : The Cartel a donc suscité une certaine contrariété au sein de la classe politique locale.
Le jeu est en cours d'élaboration, et sa sortie n'est prévue qu'à l'été. Mais la société de production Ubisoft a présenté ce troisième volet de la saga Call of Juarez le 7 février, en annonçant qu'il s'agissait d'une histoire de hors-la-loi style Far West transposée à l'époque contemporaine. L'intitulé du chapitre, qui fait allusion aux cartels de la drogue qui ont transformé les rues de Ciudad Juárez en champ de bataille, laisse entendre que le jeu est inspiré du scénario actuel de violence, contrairement aux épisodes précédents de Call of Juarez qui étaient façonnés dans le moule des westerns spaghettis et se déroulaient à l'époque de la guerre de Sécession américaine. Voyant d'un mauvais œil l'instrumentalisation ludique des problèmes de criminalité que connaît la ville, où 2 700 personnes ont perdu la vie l'an dernier, les législateurs de l'Etat de Chihuahua ont proposé d'empêcher la vente du jeu au Mexique. «Il est vrai que la criminalité a atteint des ni




