Sarkozy part en campagne. La France, totalement larguée sur le plan diplomatique depuis le début des révolutions arabes, se veut désormais le pays qui mettra l’Europe et la communauté internationale face à ses responsabilités, morales et humanitaires, en Libye. Double dispositif : sur le plan symbolique, la reconnaissance de la légitimité de l’opposition libyenne ; sur le plan militaire, d’éventuelles frappes «ciblées», sans doute sur des aéroports, dont on peut espérer qu’elles empêcheront de nouvelles violences contre le peuple insurgé. Une initiative peut-être opportune, sauf que jouée par l’Elysée en solo, elle a manifestement sidéré Alain Juppé. Et nos partenaires européens qui auraient préféré une position commune sur une crise qui appelle, aux plans militaire, juridique et diplomatique, des solutions collectives. Mais Nicolas Sarkozy voulait à tout prix dégainer le premier pour réenfiler - enfin ! - le costume du président volontariste réglant les problèmes du monde, selon un scénario déjà éprouvé en Géorgie. D’une campagne l’autre : il y a urgence, à quatorze mois de la présidentielle, à faire oublier le tapis rouge déroulé au grotesque et sanguinaire colonel Kadhafi, urgence à redorer le blason lessivé des droits de l’homme, urgence à faire oublier la realpolitik, dans sa chimie la plus pure, mise en œuvre depuis le début du quinquennat. Que l’opération extérieure de Libye ne fasse pas oublier l’opération de politique intérieure : la représidentialisation, jusqu’ici
EDITORIAL
Solo
Réservé aux abonnés
Publié le 11/03/2011 à 0h00
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus