Le drapeau français flotte sur Benghazi. Une grande bannière bleu, blanc, rouge décore la façade du tribunal de la capitale de la «Libye libre». Elle a été déployée vendredi matin, en hommage à la France, premier pays à avoir reconnu le Conseil national de transition comme le seul représentant légitime du peuple libyen. Une bonne nouvelle, qui a mis un peu de baume au cœur de la révolution libyenne, alors qu’elle marque le pas et recule même face à la féroce contre-attaque du colonel Kadhafi.
Artillerie. Les habitants de Benghazi, «capitale» de la révolution et deuxième ville du pays, continuent d'afficher une détermination sans faille et un optimisme de façade sur leur proche victoire. Pour autant, l'inquiétude commence à poindre. Elle n'est pas explicite, mais elle commence à percer entre les mots ou à travers une série de mesures de précaution. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Jeudi soir, l'armée de bric et de broc des rebelles a dû quitter le centre de Ras Lanouf, qu'elle occupait depuis presque une semaine. Le feu ennemi, chaque jour plus intense, s'est fait plus précis et meurtrier. Plusieurs bâtiments en ville, l'hôpital, la mosquée, ont été pris pour cible par l'artillerie des forces loyales à Kadhafi, forçant les insurgés à reculer de plusieurs kilomètres. Selon eux, des tirs seraient même venus de la mer. Quelques heures plus tard, une position rebelle, installée à Brega, plus de 100 km à l'est, était bombardée par un avion. A la télévisio




