Le Japon a fait hier un pas de plus vers ce qui s'annonce comme la plus grave catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl. Alors que les capitales mondiales étalaient leurs craintes «apocalyptiques», pour reprendre l'expression du commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, le citoyen japonais avait bien du mérite de garder son calme. Le pire des scénarios, celui d'une centrale devenue incontrôlable qui menace sinon d'exploser, du moins de laisser échapper de graves rejets radioactifs, est devenu au fil de la journée de plus en plus crédible.
Après une nouvelle explosion, hier matin, dans le réacteur numéro 2 de la centrale de Fukushima Daichi, le Premier ministre japonais, Naoto Kan, très marqué, a choisi de s'adresser une nouvelle fois à son peuple. Grave et solennel, il a déclaré que le Japon était face à sa «pire catastrophe depuis 1945», allusion aux bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki, ainsi qu'à la capitulation. A l'évidence, le Premier ministre entend préparer le pays à l'inimaginable : l'impossibilité de contrôler les mécanismes de refroidissement des réacteurs en surchauffe. Et donc à une possible catastrophe nucléaire majeure.
Précautions. Hier matin, le Japon aurait bien aimé se réveiller de ce dramatique cauchemar : un séisme provoquant un mégatsunami et des accidents graves en série au sein de plusieurs réacteurs nucléaires, à 250 kilomètres de Tokyo, cœur politique et économique du pays… Les autorités japonaises ont,




