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portrait

Pour que les femmes n’aient pas la berlue

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Cristina Comencini. Fille du réalisateur italien Luigi Comencini, cette scénariste-écrivaine de 54 ans est à la tête du mouvement des femmes contre Berlusconi.

Publié le 23/03/2011 à 0h00

Ses yeux brillent et sa voix se voile quand elle évoque la scène. Des femmes par dizaines de milliers, des féministes de toujours aux côtés de lycéennes en leur première «manif», des femmes de gauche aux côtés de catholiques. Et aussi tant d'hommes «amis de la cause». Une foule immense qui emplissait la place du Peuple, au cœur de Rome, criant son refus de l'image dégradante de la femme véhiculée par Silvio Berlusconi et de ses fêtes «bunga-bunga». «C'était la première fois que je parlais en public, et pendant une semaine, je ne dormais plus à l'idée de faire un discours Mais jamais je n'aurais imaginé qu'il y aurait 400 000 personnes», soupire Cristina Comencini. Sa sœur Francesca s'occupait de la scénographie de la manifestation. Ce même dimanche 13 février, des cortèges similaires défilaient à Milan, Turin, Naples, Palerme et dans quelque 200 villes de la péninsule. La plus massive contestation dans la rue contre le tycoon des médias et président du Conseil qui, depuis seize ans, règne sans partage sur la droite italienne. «Personne n'aurait imaginé un tel succès. Deux semaines auparavant on nous expliquait que les Italiennes, surtout les jeunes, avaient perdu l'habitude de manifester», raconte l'écrivaine et réalisatrice, mère de trois enfants et grand-mère de cinq petits-enfants, figure de premier plan de cette «révolte pour la dignité des femmes». Un mouvement né de la société civile, relayé par des blogs comme celui de la poétesse E

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