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Reportage

Fessenheim, faille de l’atome français ?

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La centrale alsacienne est de plus en plus critiquée, tant en raison de son âge que des risques sismiques.

Le chantier de Flamanville, début mars. (AFP)
Publié le 24/03/2011 à 0h00

Fermer Fessenheim. «Immédiatement !» Eperonnés par la catastrophe de Fukushima, les militants antinucléaires redoublent de vigueur pour réclamer l'arrêt de la centrale alsacienne, doyenne du parc français, dont EDF souhaite la prolongation pour dix ans au moins. Dimanche, près de 10 000 manifestants, essentiellement allemands, se sont rassemblés à proximité du site pour réclamer sa fermeture. Deux cantons suisses ont embrayé mardi. «Mais cette demande, rappelle André Hatz, de l'association Stop Fessenheim, cela fait des années que nous la martelons auprès des politiques.»

Ce combat de longue haleine a pour l'heure échoué. Mandatée par l'Association trinationale de protection nucléaire - un collectif de communes, d'associations et de citoyens français, allemands et suisses -, l'avocate et ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage a plaidé en février la fermeture de la centrale devant le tribunal administratif de Strasbourg. Elle a été déboutée le 9 mars. Les choses auraient-elles été différentes quelques semaines plus tard ? «Ce n'est pas impossible, veut croire Corinne Lepage, dont les clients ont fait appel. Compte tenu de ce qui se passe, le tribunal y aurait sans doute regardé à deux fois.» Car entre Fukushima et Fessenheim, les antinucléaires discernent «un certain nombre de points de convergence».

Leur grand âge d'abord. Les deux réacteurs de 900 MW de Fessenheim ont été mis en service en 1977 et 1978. «Rafisto

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