La bataille d'Ajdabiya a commencé, vendredi, à l'heure de la prière. «Dès que les avions de la coalition ont bombardé les positions des forces de Kadhafi, nous sommes entrés dans la ville avec nos pick-up», raconte un commandant insurgé venu se reposer quelques minutes avant de repartir au front. Il ne souhaite dire ni son nom ni son grade, mais à l'évidence, c'est un militaire de carrière. L'homme a une quarantaine d'années, une petite bedaine, un treillis impeccable et une autorité certaine sur ses hommes. Il est revenu faire le point à l'entrée sud de la ville, où les insurgés ont installé une petite position.
Katioucha. Les échos de très violents combats résonnent à quelques centaines de mètres de là. Le soleil commence à décliner. On entend une canonnade sourde d'obus de chars et de mortiers, entrecoupée du crépitement des mitrailleuses et le ronronnement des canons de DCA. Les tirs de roquettes Katioucha, qui sifflent en série et allument comme un feu de Bengale au-dessus des toits. L'écho tournoyant d'un ou de plusieurs avions qui planent au-dessus. Soudain, une explosion fait légèrement trembler le sol : d'abord à l'est, puis à l'ouest. Trois ou quatre autres suivent. Ce sont les appareils de la coalition internationale qui pilonnent les positions de l'armée de Muammar al-Kadhafi, retranchée aux portes occidentale et orientale de la ville. L'attaque aérienne a commencé vendredi à midi et demi, elle se poursuivait encore à 18 heures.
Ajdabiya,




