La Côte-d’Ivoire, reléguée au second plan par le printemps arabe, n’en finit plus de glisser vers la guerre civile. Alors que les grandes puissances interviennent en Libye pour protéger les civils, beaucoup se demandent pourquoi rien n’est fait pour protéger les populations ivoiriennes, attaquées à l’arme lourde à Abidjan.
Que peut la communauté internationale ?
A priori, la mission des Nations unies en Côte-d'Ivoire (Onuci), forte de 10 000 hommes, a le mandat nécessaire pour intervenir. Mais elle ne le fait pas, de peur d'être tenue pour responsable d'un embrasement général. Chaque jour, les combats font «leurs petits lots» de morts, selon un diplomate européen. Mais pas de carnage susceptible de justifier une intervention militaire extérieure. Le Nigeria a brandi la menace d'une intervention militaire, sans montrer la volonté politique nécessaire. Les chefs d'Etat de la sous-région se sont contentés, jeudi, d'appeler l'ONU à renforcer le mandat de l'Onuci, afin d'imposer «des sanctions plus contraignantes» au camp Gbagbo.
Et la France ?
La France a déposé une résolution au Conseil de sécurité pour faire interdire les armes lourdes à Abidjan. Nicolas Sarkozy, parti dans son élan de «chef du monde libre», s'inscrit toujours dans une logique de réaction médiatique. «Il serait choquant d'occulter le drame vécu par la population à Abidjan», dit-il. Sur place, tous les protagonistes du conflit savent que les 900




