Rien ne va plus en Côte-d'Ivoire. Alassane Ouattara, président élu lors du scrutin du 28 novembre, a rejeté le nouvel émissaire nommé samedi par l'Union africaine (UA) pour engager un dialogue interivoirien. Il s'est déclaré «surpris» par le choix de José Brito, ministre des Affaires étrangères du Cap-Vert, en raison de «ses relations personnelles et de ses accointances politiques» avec Laurent Gbagbo. Ce dernier refuse obstinément de quitter le pouvoir et mobilise ses troupes à Abidjan. Samedi, des milliers de ses partisans sont allés dormir avec nattes et matelas sur l'esplanade du palais présidentiel.
«Avant d'attaquer Laurent Gbagbo, vous allez devoir égorger tout ce monde-là !» a lancé Charles Blé Goudé, ministre de la Jeunesse de Gbagbo et leader des Jeunes Patriotes, un mouvement qui fonctionne comme une milice. Il a ainsi défié la communauté internationale, prête à reconnaître Ouattara, certes, mais pas à recourir à la force pour déloger Gbagbo du pouvoir.
Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi un projet de résolution de l'ONU pour «interdire les armes lourdes» en Côte-d'Ivoire. Barack Obama, de son côté, a adressé un message vidéo aux Ivoiriens, vendredi soir, affirmant que «les élections de l'an dernier ont été libres et justes» et menaçant le camp Gbagbo d'un «plus grand isolement». Réponse de Blé Goudé : «Il n'y aura pas de guerre civile.» Pourtant, le conflit fait chaque jour son lot de morts - 462 depuis




