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Doctrine militaire : Barack Obama navigue à vue

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Géopolitique . Le président américain a justifié l’intervention en Libye par une stratégie globale alambiquée, s’attirant les critiques.

ParLorraine Millot
Washington, de notre correspondante
Publié le 30/03/2011 à 0h00

Ce n'est pas Sarkozy qui a pris l'initiative en Libye, ce sont les Etats-Unis qui ont «montré leur leadership». Tandis que les diplomates français revendiquent un rôle moteur dans le déclenchement de l'opération, Barack Obama a mis quelques points sur les i, lundi soir. «Sous ma direction, l'Amérique a dirigé l'effort avec nos alliés au Conseil de sécurité de l'ONU pour adopter une résolution historique [la résolution 1973, qui autorisé l'intervention alliée, ndlr]», a lancé le président américain lors d'une allocution solennelle destinée à expliquer cette campagne de Libye.

Pas une seule fois d'ailleurs, en une demi-heure de discours, il n'a cité le nom de Nicolas Sarkozy. Obama «s'est présenté comme un meneur de jeu dans la décision d'intervenir, observe Simon Serfaty, spécialiste en géopolitique au CSIS (Center for Strategic and International Studies). Ce qui n'est évidemment pas le cas puisqu'il a attendu la dernière minute avant de répondre à l'insistance des Français et Britanniques».

«Fardeau». Cette nouvelle version de l'histoire est toutefois conforme à la réalité militaire : ce sont bien les forces américaines qui ont mené, jusqu'à présent, le plus gros des frappes. En aparté, les diplomates français signalaient, depuis le début de cet effort commun, qu'Obama était prompt à brandir le «leadership» américain, tout en faisant mine de ne pas vraiment vouloir aller en Libye.

Depuis lundi soir, ce «

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