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Libération
Reportage

En Libye, les rebelles marquent le pas aux portes de Syrte

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Les insurgés ne parviennent pas à prendre la ville natale de Kadhafi, défendue par une armée moins émoussée que prévu.

Des rebelles libyens, près de Ben Jawad, le 28 mars 2011. (© AFP Aris Messinis)
Publié le 30/03/2011 à 0h00, mis à jour le 30/03/2011 à 9h15

Au fond du golfe de Syrte, la route décrit une large courbe qui longe le rivage. Le ruban d’asphalte chemine entre mer et désert, entre bleu et beige. Deux armées se le disputent. Bannière rouge, noir, vert frappée du croissant et de l’étoile contre drapeau vert. Révolutionnaires contre kadhafistes. Quand les uns avancent, les autres reculent. Le front n’arrête pas de glisser dans un sens puis dans l’autre, comme la bille d’une roulette de casino, hésitant sur son point d’équilibre. C’est probablement par là qu’il se stabilisera, quelque part entre Ben Jawad et Ajdabiya, dans une région qui marque la limite historique entre la Cyrénaïque et la Tripolitaine, l’est et l’ouest de la Libye.

Sandalettes. Dimanche, l'armée révolutionnaire a avancé à marche forcée, au point que la radio des rebelles a annoncé que Syrte était tombé dans la nuit, provoquant moult tirs de joie. La ville natale du colonel Kadhafi, outre sa valeur de symbole, est l'une des trois seules cités encore sous réel contrôle gouvernemental, avec la capitale Tripoli et Sebha, dans le Sud. Mais, comme bien souvent, cette annonce tenait plus du vœu pieux que de la réalité. «Nous sommes arrivés lundi jusqu'à 60 kilomètres de Syrte, puis nous avons rencontré un barrage d'artillerie très violent», raconte Assaad al-Abidi, un militaire insurgé revenant du front. Depuis, les insurgés reculent. Posté devant la station-service de Ben Jawad, il tente de calmer l'ardeur des combattants amateurs, qu

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