«Les Blancs nous envahissent.» Edward Matthews, 70 ans, rencontré sur la H Street en pleine rénovation dans le nord-est de Washington, le dit avec le sourire, mais une vraie inquiétude aussi. «Quand je me suis installé ici, il y a plus de trente ans, nous n'étions que des Noirs. Il y a dix ans, les premiers Blancs sont arrivés, ils avaient tellement peur qu'on les voyait souvent avec deux chiens, se moque-t-il. Maintenant, le quartier est moitié blanc, moitié noir.» A Washington, la transformation se voit à l'œil nu, dans ces quartiers noirs en train de blanchir. Mais le phénomène est national : la population américaine continue de changer et se déplacer à grande échelle, selon les chiffres du dernier recensement publiés la semaine dernière.
Entre 2000 et 2010, les Noirs ont perdu, au niveau national, leur rang de première «minorité», doublés par les Latinos dont le nombre a augmenté de 43%. De plus en plus d’Américains se déclarent aussi de plusieurs origines à la fois : ils ne sont que 2,9%, mais en dix ans ce nombre a progressé de 134%. Les Américains se définissent comme Blancs non hispaniques (64%), Hispaniques (16%), Noirs (14%), Asiatiques (5%). En supposant que ces tendances se poursuivent dans les prochaines années, le bureau du recensement prédit que les Blancs non hispaniques perdront leur majorité d’ici à 2050, les Noirs constitueront alors 13% de la population, les Latinos 28% et les Asiatiques 6%.
Au nord-est de Washington, la conquête




