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Libération
Reportage

Désordres de bataille en Libye

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Les forces de Kadhafi, changeant de tactique, ont regagné du terrain, alors que la rébellion se divise sur la stratégie à adopter.

Des rebelles courent, fuyant les tirs des forces pro-Kadhafi, près de Brega, le 31 mars. (Reuters)
ParChristophe Ayad
Envoyé spécial à Benghazi
Publié le 01/04/2011 à 0h00

En cinq jours, l'insurrection libyenne a fait la preuve, si besoin était, qu'elle est absolument incapable de renverser militairement le colonel Kadhafi. Du moins pour le moment et en l'état actuel des choses. Deux chiffres résument le problème : depuis samedi, les rebelles, partis d'Ajdabiya, ont gagné près de 300 km vers l'ouest avant d'en reperdre 260. Ce n'est plus une guerre, c'est un rallye-raid ! En fait d'offensive, les insurgés ont avancé sans combattre jusqu'à 50 km de Syrte, profitant des violents raids aériens occidentaux de vendredi et samedi derniers, qui ont anéanti une bonne partie de la 32e brigade de Kadhafi. Puis ils se sont heurtés, lundi, aux abords de Syrte, ville natale du colonel, à un violent barrage d'artillerie, qui ne fait, depuis, que progresser. Au lieu de se déplacer avec des tanks et des équipements lourds, qui forment des cibles faciles pour les avions de la coalition, l'armée loyaliste a adopté la même tactique que les rebelles : des pick-ups équipés de mitrailleuses lourdes et de mortiers, tractant des mini-orgues de Staline et de l'artillerie légère. A la tchadienne. Ce dispositif a l'avantage de la rapidité et de ressembler comme deux gouttes d'eau, vu du ciel, à la rébellion.

Impuissance. Hier, après avoir repoussé l'armée loyaliste jusqu'aux abords de Brega, les rebelles ont à nouveau reculé à mi-chemin entre Brega et Ajdabiya, dont la plupart des habitants ont fui une nouvelle fois vers l'Est. «Mais pourq

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