Le Conseil de sécurité de l’ONU exige le départ de Laurent Gbagbo, mais lui interdit de voyager. Cette contradiction, qui pourrait être résolue par la délivrance d’un sauf-conduit, est révélatrice des tâtonnements de la communauté internationale face à la question du sort à réserver aux dirigeants devenus encombrants.
Au début de la crise post-électorale en Côte-d’Ivoire, en décembre dernier, l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, bombardé médiateur par l’Union africaine, aurait proposé au président sortant de trouver refuge chez lui. Réponse de l’intéressé : d’accord, mais à la condition d’emmener avec lui une pléthore de parents et de conseillers. Les tractations n’ont pas abouti et Laurent Gbagbo est toujours en Côte-d’Ivoire…
Poursuites. Nul doute que le dirigeant ivoirien, qui a de la mémoire, se souvient de la mésaventure vécue par l'ancien président du Liberia, Charles Taylor. En 2003, cet homme, qui avait déclenché une guerre civile barbare dans les années 90 avant de s'emparer du pouvoir, s'était exilé au Nigeria, avec la promesse de l' immunité. Quelques années plus tard, sous la pression des Etats-Unis, il avait finalement été arrêté, avant d'être transféré à La Haye vers le tribunal chargé de juger les crimes commis dans un pays voisin du Liberia, la Sierra Leone. Autrement dit : si Gbagbo s'envolait demain pour l'Afrique du Sud, quelle garantie solide aurait-il de ne pas être rattrapé par la justice internationale à plus ou moins brève éché




