Habituellement en cette fin de mois de mars, les paysans achèvent la cueillette des cabosses de cacao dont ils extraient les fèves qui donneront du chocolat. Mais depuis que l’Union européenne a adopté des sanctions pour faire plier le président sortant, Laurent Gbagbo, tout est chamboulé. Privé de ses deux ports, sous embargo, le premier exportateur de cacao du monde ne peut écouler sa production. Privé de banques, à l’exception de quelques banques d’Etat, toute la chaîne qui va de la production à l’exportation s’est pratiquement arrêtée. Si le ramassage des fèves n’est pas achevé avant les pluies d’avril-mai, une bonne partie de la récolte pourrira.
Inexorablement les sanctions poursuivent leur effet dévastateur sur l’économie ivoirienne. Elles frappent indistinctement paysans et travailleurs, PME et grosses entreprises, consommateurs et fournisseurs, chômeurs et salariés. L’économie ne tourne qu’à 20%, estime-t-on sur place. Depuis la fermeture des banques, explique un analyste européen, 10 000 emplois disparaissent chaque jour. Et la quasi-totalité des entreprises a recours au chômage technique ou à des réductions de salaire.
Moitié prix. Clement Koffi est un agriculteur baoulé du centre-ouest du pays. Il possède 25 hectares de cacaoyers près de Soubré et anime une coopérative qui d'ordinaire centralise les cueillettes, les conserve quelques jours et les transporte jusqu'au port, assurant ainsi à ses membres un meilleur prix. Mais aujourd'hui, son entrepôt




