Les jeunes de Chihuahua ont tout intérêt à aimer le vert olive. En effet, le gouverneur de cet Etat mexicain, où se situe Ciudad Juárez, la ville la plus violente du pays, propose d’enrôler les hommes désœuvrés âgés de 18 à 30 ans pour éviter qu’ils ne tombent dans la délinquance et soient attirés par l’argent facile que leur offrent les cartels de la drogue. Lundi, César Duarte, le gouverneur, a donc envoyé au Congrès de l’Etat de Chihuahua un projet de loi qui propose aux jeunes sans emploi un service militaire rémunéré de trois ans.
Au Mexique, le service militaire n'est pas obligatoire pour tout le monde : la conscription s'effectue par tirage au sort. Ceux qui refusent de se mettre au garde-à-vous risquent un an de prison. Jugée trop militariste par certaines franges de la classe politique, la mesure cible ceux qu'on appelle communément au Mexique les «ninis», ces jeunes qui n'étudient pas et ne travaillent pas. Formulée dans les milieux universitaires, la théorie des ninis énonce que les jeunes marginalisés du système éducatif et auxquels la société n'a pas offert d'issue professionnelle valable constituent un vivier de recrutement privilégié pour le crime organisé. Cette théorie a connu un essor formidable au cours des derniers mois, les médias y ayant constamment recours pour expliquer le panorama de violence lié au narcotrafic.
Les statistiques officielles mexicaines montrent en effet que 70% des 34 000 morts dûs à la guerre des cartels, depuis 2006,




