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France-Tunisie Retour d’élites

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Diplômés de Polytechnique, Normale Sup ou Centrale, ces Tunisiens ont fait carrière en France. Au lendemain de la chute de Ben Ali, ils ont accepté d’entrer dans le gouvernement de transition. Le temps de remettre en marche le pays.

ParVéronique Soulé
Envoyée spéciale à Tunis
Publié le 05/04/2011 à 0h00

«J'ai reçu un coup de fil le lundi 24 janvier à 8 heures du matin. C'était un conseiller du Premier ministre. "On cherche quelqu'un pour le poste de ministre du Commerce et du Tourisme, me dit-il, on a trois noms et tu es le troisième." A deux heures, il me rappelle et m'annonce : "Tu es le deuxième." Puis à cinq heures : "Tu es le premier, on t'attend à Tunis." Je ne pouvais pas refuser.» Mehdi Houas, un Franco-Tunisien qui a réussi dans les affaires, fait alors sa valise. Il laisse sa femme et ses enfants à Paris. Et il abandonne provisoirement les rênes de sa société. «Le jeudi 27, j'étais à Tunis et je prêtais serment.»

Mehdi Houas, 51 ans, fait partie de ces Franco-Tunisiens qui ont fait de grandes écoles en France puis construit des carrières florissantes, et sont rentrés en Tunisie prêter main-forte au gouvernement de transition. Quatre sont devenus ministres : outre Houas, diplômé de Sup Telecom, le centralien Yassine Brahim a le portefeuille des Transports et de l’Equipement, le polytechnicien Saïd Aydi, celui de l’Emploi et de la Formation professionnelle, et Abdelaziz Rassaa, un ancien de l’école de Chimie (ENSIC) de Nancy, a hérité de l’Industrie et de la Technologie. Un autre centralien, Afif Chelbi, est conseiller du Premier ministre. Et Slim Chaker, secrétaire d’Etat au Tourisme, est diplômé de l’ENSAE (l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique).

Propulsés au sommet de l'Etat dès les premiers jours de la transition,

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