Ses adversaires le présentaient comme le «candidat de l'étranger», et il va prendre ses fonctions de président grâce aux bombardements de l'ONU et de la France. Alassane Ouattara aurait sans doute rêvé d'une meilleure intronisation. D'autant qu'il est fragilisé par la révélation de massacres commis dans l'ouest du pays et imputés à ses partisans (Libération de lundi). Hier, devant les députés, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a justifié l'intervention de Paris par la crainte d'une «apocalypse» lors de l'entrée des forces de Ouattara dans Abidjan…
Pressions. Ces derniers jours, Alassane Ouattara a subi de fortes pressions internationales pour éviter la multiplication d'exactions qui risquent d'entacher son quinquennat, voire de rendre ingouvernable l'ex-colonie française. Depuis dimanche, Nicolas Sarkozy l'a joint à plusieurs reprises. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a demandé au président reconnu par la communauté internationale de tout faire pour éviter des représailles aveugles de ses troupes. L'Union européenne a fait de même. Car les institutions internationales et les pays qui ont soutenu à bout de bras «le président élu» redoutent par-dessus tout une campagne de vengeance qui discréditerait le nouveau pouvoir, et plongerait la Côte-d'Ivoire dans une crise sans fin.
Dès l'entame de l'offensive des forces pro-Ouattara dans l'ouest du pays, la semaine dernière, Paris assure avoir fait




