Durant des mois, l’ambassadeur du Japon à Abidjan, Yoshifumi Okamura, s’est dépensé sans compter pour une cause à laquelle il croyait dur comme fer : la paix en Côte-d’Ivoire. Son pays a déboursé des millions d’euros pour financer le processus électoral dans l’ancienne colonie française. A la veille du scrutin de l’automne, ce diplomate francophone organisait un grand concert pour la réconciliation nationale à Abidjan. Mais le «pays des Eléphants» a plongé dans la crise au lendemain des élections contestées.
Récemment, Yoshifumi Okamura a tenté une ultime mission de bons offices, une de plus, entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. En vain. «J'ai échoué, nous confiait-il il y a quelques jours. Le dialogue n'est plus possible entre les deux hommes.»
Mercenaires. Mercredi, cet ambassadeur de bonne volonté a bien cru sa dernière heure arrivée. Dans l'après-midi, un groupe de mercenaires libériens au service du camp Gbagbo a pénétré dans sa résidence, située non loin de celle du président sortant, exécutant quatre de ses gardes au passage. Puis ils ont installé des armes lourdes sur le toit, avant de commencer à tirer sur les résidences diplomatiques avoisinantes, dont celle de l'ambassadeur de France.
Yoshifumi Okamura et sept de ses collaborateurs se sont alors réfugiés dans une pièce, avant d’appeler à l’aide. Après des heures d’angoisse, ils ont finalement été exfiltrés par des soldats français autour de 23 heures. Une attente insupportable




