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Libération
Reportage

Tibet : Pékin réprime en catimini

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Après des manifestations et une immolation à Aba et Garzê, la Chine envoie des troupes.

ParPhilippe Grangereau
Envoyé spécial à Aba (Sichuan)
Publié le 08/04/2011 à 0h00

D’importantes manifestations pour l’indépendance du Tibet ont récemment éclaté dans les comtés d’Aba et Garzê, au cœur des zones tibétaines de l’ouest de la province du Sichuan. Des dizaines de moines bouddhistes demandant le retour du dalaï-lama, chef spirituel des Tibétains, ont été arrêtés à Aba, et l’un d’eux s’est immolé par le feu. Depuis, l’école secondaire de la ville observe une grève de la faim en signe de protestation. A Garzê, une procession de moines portant un portrait du dalaï-lama, a été violemment réprimée. Mais en Chine, ce qui ne se voit pas n’existe pas…

Sentinelles. Pékin a déployé un vaste cordon militaire et policier filtrant les intrus sur un rayon de plusieurs centaines de kilomètres des lieux où se sont déroulés ces événements. «Il ne se passe rien», assure un policier qui garde l'un des innombrables barrages qui visent à empêcher tout étranger d'accéder à ces régions isolées, connues pour leur irrédentisme acharné. Lors des dernières grandes émeutes qui ont secoué le Tibet, en mars 2008, l'armée y a abattu au moins huit Tibétains qui manifestaient pour l'indépendance du «pays des Neiges». Des photos des cadavres avaient été publiées sur le Net par des sympathisants tibétains. Cette fois-ci, toutes les dispositions semblent prises pour que rien ne filtre.

La barrière rouge et blanche est flanquée d'une casemate dotée de projecteurs puissants. «La route est en réfection et vous ne pouvez pas traverser», notifie le gar

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