Yamoussoukro, un village fait ville, puis capitale politique par la grâce du père de l’indépendance, Félix Houphouët-Boigny, vit au ralenti depuis qu’elle est tombée, sans combat, aux mains des forces d’Alassane Ouattara. C’était le 31 mars. A part de rares militaires postés en faction aux points stratégiques, comme les grandes écoles, les hôtels et la gendarmerie, on n’y voit pas d’hommes en armes. Des cars de soldats, en uniforme souvent dépareillé, filent vers Abidjan, où le président sortant, Laurent Gbagbo, livre toujours une résistance acharnée.
Peuplé de 300 000 habitants, Yamoussoukro a un côté irréel. Les enfants ne vont pas à l’école, les commerces ouvrent timidement et la police s’est évanouie, le commissariat ayant brûlé. Ses avenues sont aussi larges que des boulevards soviétiques. Sa basilique, visible en tout point, dépasse de 20 mètres, en hauteur, celle de Rome. Le vieux village, où est né Félix Houphouët-Boigny, a été entouré de hauts murs. C’est là qu’il a fait construire des maisons pour les membres de sa famille, là aussi que Gbagbo avait conservé un stock d’armes, dont les gardiens se sont rendus sans coup férir.
«Ratissages». Ici, nous sommes en pays baoulé, une région agricole où l'alliance avec les Dioulas, des commerçants musulmans du Nord, avait cimenté le pouvoir d'Houphouët-Boigny. Les Baoulés, c'est le Parti démocratique de Côte-d'Ivoire (PDCI), créé par le président-fondateur, dont le ralliement à Ouattara au sein du Rassemblemen




