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Ouattara, les défis d’un chef d’Etat en quête de légitimité

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Le président élu prend la tête d’un pays déchiré, grâce à l’appui embarrassant de la France.

Retransmission de l'allocution télévisée d'Alassane Ouattara le 11 avril 2011 à Abidjan (© AFP photo AFP)
Publié le 12/04/2011 à 0h00

Laurent Gbagbo est tombé, mais ne va-t-il pas emporter Alassane Ouattara dans sa tombe politique ? La question mérite d’être posée tant les conditions d’accession au pouvoir du président élu ressemblent à un scénario catastrophe. Après les informations sur les massacres commis dans l’ouest du pays par ses troupes, les Forces républicaines de Côte-d’Ivoire (FRCI), qui ont terni son image, le voilà propulsé à la tête de l’Etat suite à une intervention combinée des forces françaises et des Nations unies.

Piège. D'une certaine manière, le piège tendu par Laurent Gbagbo s'est refermé sur lui. Depuis la tentative avortée de coup d'Etat de septembre 2002, le camp de l'ex-président ivoirien ne cessait d'accuser Ouattara de vouloir s'emparer de la direction du pays par la force avec l'aide de «l'étranger», autrement dit avec celle de la France. En novembre 2004, au plus fort des tensions entre Paris et Abidjan, la presse pro-Gbagbo n'hésitait pas à affirmer que Ouattara était caché dans un tank de la force Licorne, prêt à ramasser le pouvoir.

Durant la dernière campagne électorale, il a été présenté par le camp de son rival comme le «candidat de l'étranger». Demain, au terme de ce raid sur la résidence de Gbagbo, il risque d'apparaître aux yeux d'une partie non négligeable de la population ivoirienne comme le «président de l'étranger». Le premier à avoir annoncé, hier, l'arrestation du chef d'Etat déchu a été l'un des conseillers de Gbagbo à

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