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Reportage de notre envoyée spéciale

A Abidjan, la gueule de bois de la «république du Golf»

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Alassane Ouattara et son équipe résident toujours dans cet hôtel, craignant pour l’heure de s’exposer dans un pays aux plaies encore à vif.

Dans un quartier populaire du sud d'Abidjan, le 12 avril. (AFP)
ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Abidjan
Publié le 13/04/2011 à 0h00

Président élu sorti des urnes de novembre, Alassane Ouattara ne régnait depuis tout ce temps que sur l’hôtel du Golf, où son rival, le sortant Laurent Gbagbo, l’avait confiné en lui imposant un blocus. Président réel depuis que ses troupes se sont emparées de la quasi-totalité du territoire et même lundi de la personne de son adversaire, Alassane Ouattara vit toujours dans cet hôtel, qui était à l’origine son QG de campagne électorale. C’est là que demeurent et travaillent son équipe et son gouvernement, au milieu d’un indescriptible capharnaüm qui rappelle davantage un QG de campagne militaire qu’un siège politique. Une situation qui montre combien la sécurité reste précaire dans la capitale économique du pays.

Ironie de l'histoire, Laurent Gbagbo, qui ne s'était pas privé de se moquer de la «république du Golf», a passé dans cet hôtel sa première nuit en captivité. Avec 106 autres personnes, dont sa femme, ses enfants et petits-enfants, sous la garde - et la protection - des Casques bleus, les mêmes qui ont, pendant quatre mois, protégé Ouattara. Hier après-midi, un porte-parole de l'ONU révélait que Gbagbo avait été transporté hors d'Abidjan avant de le démentir hier soir, annoçant qu'il était toujours dans une suite de l'hôtel.

Réconciliation. Une étrange faune a passé la nuit de lundi à mardi dans le hall de l'hôtel : soldats débraillés, plus souvent en tongs qu'en rangers, militants pro-Ouattara désœuvrés, familles de déplacés, vendeurs de canet

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