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Interview

«Notre mission a été testée à l’extrême»

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Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy défend les choix de l’ONU :

ParFabrice Rousselot
De notre correspondant à New York
Publié le 15/04/2011 à 0h00

Alain Le Roy est secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix.

Quel bilan dressez-vous de ces quatre mois de crise en Côte-d’Ivoire ?

Tout le monde aurait évidemment préféré que cette crise n’ait pas lieu. Elle n’a été bénéfique à personne. Notre mission de maintien de la paix a été testée jusqu’à ses plus extrêmes limites. Généralement, nous intervenons dans un pays avec le consentement du gouvernement et des principales parties en présence. Nous avons dû subir des mensonges éhontés durant quatre mois, des blocages en tous genres, et, ces derniers temps, des tirs d’armes lourdes de la part du camp de l’ex-président Gbagbo. Le plus grave étant les attaques contre la population civile, d’un côté ou de l’autre.

Pourquoi l’ONU n’est-elle pas intervenue plus tôt pour prévenir les tueries ?

Nous sommes régulièrement intervenus, des milliers de fois, nous faisions des patrouilles en permanence. Nous avons répliqué avec nos armes mais s'attaquer à des armes lourdes avec des hélicoptères est une question d'importance. Nous devions être sûrs d'avoir le soutien politique du Conseil de sécurité. Il a donc fallu attendre le 30 mars et la résolution 1975, qui a été heureusement votée à l'unanimité. Certes, légalement, nous avions la possibilité de faire cette opération plus tôt, car notre mission est placée sous le chapitre VII de la charte onusienne [qui permet le recours à la force en cas d'agression, ndlr]. Mais nous sommes aussi sous chapitre VII dans d'autres pays, au Soudan ou ailleurs, et nous ne tirons pas pour autant sur les armes lourdes d'une armée, qui était jusque-là régulière. C'est u

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