Goodluck Jonathan serait, selon les résultats partiels publiés hier, assuré de remporter l’élection présidentielle au Nigeria. Alors que son principal rival, le musulman du Nord Muhammadu Buhari, recueillait près de 9 millions de voix, le président sortant en obtenait plus de 21 millions, soit une victoire dans 22 Etats sur 36. Cet ancien gouverneur, chrétien du Sud de 53 ans, scientifique de formation, avait été élu vice-président en 2007. Il y a un an, il a été propulsé à la tête du pays le plus peuplé d’Afrique, à la mort du président Umaru Yar’Adua.
Le scrutin de samedi a été salué par les observateurs comme le «plus transparent depuis des décennies» dans ce pays en proie à de violents affrontements interreligieux. Ce qui n'a pas empêché l'ancien chef de la junte militaire Buhari d'immédiatement contester le scrutin, arguant notamment des résultats anormalement élevés en faveur de Jonathan dans ses bastions du Sud chrétien : l'Etat d'Akwa Ibom lui a donné 95% des voix et celui de Bayelsa, dont Goodluck Jonathan est originaire, 99,63%. «De tels chiffres, au-dessus de 95%, paraissent inventés et posent de graves interrogations sur la crédibilité de l'élection», a estimé Jibrin Ibrahim, du Centre pour la démocratie et le développement, une ONG.
Après l’annonce de ces résultats, des affrontements entre chrétiens et musulmans ont éclaté dans la région de Kano (Nord). La Croix-Rouge faisait état, hier soir, de nombreux morts, ainsi que d’incendies d’églises et




