Dans la Libye insurgée, soit la moitié est du pays, l’électricité est désormais gratuite. Elle n’était déjà pas bien chère, le régime kadhafiste subventionnant le kW/h au point de n’en faire payer au consommateur que le quart du coût de production. Mais, surtout, l’électricité reste abondante, ce qui, dans un pays en guerre, n’en finit pas de surprendre.
La France n’est pas pour rien dans ce petit miracle. L’an dernier, des techniciens de l’opérateur français Réseau de transport d’électricité (RTE) sont venus former leurs confrères à la gestion de réseaux endommagés, par exemple dans le cas où les parties est et ouest du réseau se retrouveraient coupées l’une de l’autre. A peine trois semaines après le départ des Français, c’est très exactement la situation que les insurgés ont eue à gérer.
«Sereins».«Sans cette formation de RTE, je ne sais pas comment nous aurions pu réagir», confesse Ashraf Zardoumi, directeur du centre de contrôle du réseau est-libyen, situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Benghazi. Auparavant, tout le réseau était exploité depuis Syrte, dans l'Ouest. Il a donc fallu s'adapter et gérer l'approvisionnement par les cinq centrales de Cyrénaïque, de Tobrouk à Benghazi, cette dernière ville possédant le plus gros site du pays - la Benghazi North Power Plant - d'une capacité de 1 700 mégawatts en temps normal. Il faut aussi réparer régulièrement les lignes électriques endommagées sur le front, entre Brega et Ajdabiya. Car aujour




