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EDITORIAL

Combines

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Publié le 20/04/2011 à 0h00

Dans son extraordinaire Trilogie sale de La Havane, Pedro Juan Gutiérrez faisait découvrir le naufrage poétique d'un système éculé. Un monde de combines et de privations, de désespérances et de répressions. Un système que Raúl, successeur hier de son frère, a formellement entériné et légalisé. Au moment où le monde arabe s'invente un printemps de libertés, alors que depuis vingt ans tout le reste de l'Amérique est devenu démocratique, Raúl Castro autorise les pizzerias et les réparateurs de bicyclettes. On en rirait s'il n'y avait pas 12 millions de Cubains survivant sous la coupe d'un dictateur et de son double depuis quarante ans. Il ne fait pas bon être opposant ou homosexuel à Cuba, écrivain ou avocat. Raúl a contraint à l'exil une dizaine de prisonniers politiques libérés après de longues peines et des centaines de défenseurs cubains de la démocratie continuent d'être harcelés, menacés et emprisonnés par la police castriste. Les derniers apologistes de ce dinosaure du postcommunisme accusent les Etats-Unis et l'embargo imposé à l'île pour justifier cette répression systématique et pérenne. Evidemment, la politique américaine envers Cuba est absurde et inutile. Elle remonte à la préhistoire de la guerre froide et les sanctions commerciales devraient être levées. Mais elles ne peuvent justifier que deux générations aient été privées de leurs droits fondamentaux sans jamais pouvoir choisir librement ses dirigeants. Les Cubains méritent autre chose qu'un communisme

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